dimanche 23 décembre 2007

Mort d'un écrivain: Julien Gracq




Auteur secret, méfiant, il avait fait scandale en refusant le prix Goncourt en 1951 pour son livre "Les rivages des Syrtes". Il s'est éteint à l'âge de 97 ans. - 23/12/2007 - LCI > JT TF1 13h-20h


Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre "Le rivage des Syrtes". Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade. Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.


Comment Louis Poirier devint Julien Gracq:


Né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, étudie à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtient son agrégation d'histoire et de géographie. Il écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris.

Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité". En 1938, il présente en vain le manuscrit de "Au château d'Argol à la NRF" (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.


Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans "La littérature à l'estomac" (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans "Liberté grande" (1947), critique dans "Préférences" (1967), nouvelliste dans
"La presqu'île" (1970) et, bien sûr, romancier dans "Un beau ténébreux" (1945) ou "Un balcon en forêt" (1958).

Il était aussi l'auteur de "En lisant, en écrivant" (1981) ou "La forme d'une ville" (Nantes) (1985).
"Un balcon en forêt, Le roi Cophetua" - une des trois nouvelles composant "La presqu'île" - et "Un beau ténébreux" ont été adaptés au cinéma respectivement par Michel Mitrani, André Delvaux et Jean-Christophe Averty. De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues.

Aucun commentaire: